Les pratiques de corruption dans les services publiques et l’administration publique en République Démocratique du Congo RDC. Etude 2003

 

Préface de Christoph Stückelberger

 

La République Démocratique du Congo est un pays merveilleux ! La gentillesse et l’amitié des gens, le potentiel des intellectuels, l’espoir même dans la souffrance, la beauté de la nature, la fertilité du sol et les richesses énormes de la terre. Lors de mon voyage en RDC, récemment, j’avais l’impression que ce pays avec ces peuples pourrait être un signe et un présage du paradis. Il pourrait. Mais dans ce corps magnifique j’ai aussi sentit une maladie qui infecte chaque parti du corps d’une manière souvent invisible et terrible: la corruption. Elle menace et détruit la société de l’intérieur comme le cancer. Ce cancer existe dans beaucoup de pays, au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme à l‘Est. On peut vaincre ce cancer ensemble, si on commence les traitements au niveau international comme national, régional et local et individuel.

 

Cette étude sur « Les pratiques de corruption dans les services publiques et l’administration publique en RDC » est une contribution importante et qualifiée. Elle offre - comme un diagnostic médical - l’analyse de la maladie et elle fait des propositions pour la guérison. Elle se concentre sur une partie du corps malade : la tête, c’est à dire les services et l’administration publique qui représentent l’Etat. Elle souligne l’importance de l’Etat de droit dans la lutte contre la corruption  et pour le respect des droits humains. Elle montre en même temps que l’économie de la RDC ne peut guérir qu’avec la lutte contre la corruption, parce que la corruption et les détournements «constituent la cause principale du déficit financier dont souffre celles-ci [les communes, l’Etat]. » (p. …). La lutte contre la corruption notamment dans les institutions de l’Etat est une condition pour la confiance des investisseurs qui est la condition pour attirer les investissements.

 

Ce rapport offre un cadre théorique clair : Les définitions de corruption, les points de référence éthique comme les droits de l’homme avec l’égalité devant la loi et le service publique qui doit servir les intérêts de la collectivité et pas seulement de l’individu et de sa famille. La deuxième partie pratique offre des informations détaillées sur les lois et les tâches, mais aussi les mécanismes de corruption dans les différents services publiques et l’administration publique. Elle est une base très importante pour les citoyens pour connaître ses droits et pour améliorer la situation. L’étude n’attaque pas des individus corrompus mais montre les mécanismes qu’on peut et doit changer. Ces analyses montrent p.e. que les salaires trop bas des fonctionnaires doivent être augmentés pour lutter la corruption. Pour une économie saine et des caisses publiques moins vides il faut les efforts à l’intérieur du pays mais aussi de la communauté internationale : une augmentation des prix des matières premières et des minéraux qui sont exportés, avec une augmentation des impôts qui rend possible à l’Etat l’augmentation des salaires et la diminution de la corruption au service de l’Etat de droit. Les « motivations », les « mbuengi », les « pourboires » sous la table doivent être remplacer par des prestations et des payements transparents et contrôlés.

 

Le secteur publique n’est qu’un secteur d’une société, même si c’est un des plus importants. J’espère que cette étude encourage d’autres secteurs de contribuer à la lutte contre la corruption : les Eglises peuvent et doivent jouer un rôle très importants par la prédication, l’éducation et une pratique de lutte contre la corruption aussi au sein des institutions religieuses (des expériences positives se trouvent dans ma brochure « Continue Fighting Corruption. Experiences and tasks of Churches and develoment agencies. » Bern/Suisse, 2003. publié aussi sur Internet : www.christophstueckelberger.ch/english/documents). Un autre secteur très important sont les écoles. L’expérience des campagnes pour des « Ecoles libre de corruption » au Bénin, à Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigeria (soutenu par Pain pour le prochain en Suisse) est très encourageantes.

 

Je suis convaincu que cette étude sur le secteur publique est une contribution constructive pour la reconstruction de ce pays magnifique, la RDC.

 

Prof. Dr. Christoph Stückelberger

Septembre 2003

 

Professeur d’éthique à l’Université de Bâle/Suisse

Secrétaire général de Pain pour le prochain (organisation de développement)

Président fondateur de la section suisse de Transparency International

Auteur de différents publications sur la corruption

e-mail : stueckelberger@unibas.ch